Patrick Nduwimana (Burundi) 800m



Prénom Jean-Patrick
Nom Nduwimana
Date de naissance 9 mars 1978
Nationalité Burundaise
Lieu de résidence Tucson, Arizona
Club Aucun
Entraîneur Luiz de Oliveira
Taille 1,80m
Poids 63kg
Discipline 800m
Meilleur temps 1'44"06 (2000)
Palmarès
Champion NCAA 2000 - Champion NCAA indoor 2001
Demi-finaliste des JO de Sydney
3e performer mondial en salle 2001

Hors piste
Statut familial Célibataire
Occupation Etudiant (business)
Langues parlées Anglais, Français, Kirundi, Swahili, Kinyarwanda
Que ferais tu si tu ne faisais pas d'athlé ? Des études
Que feras-tu après ta carrière ? Je prévois de commencer un master en économétrie après les Jeux d'Athènes et devenir consultant.
Comment te vois-tu dans 10 ans ? Je resterai impliqué dans le sport que je courre encore ou non, car je souhaite apporter quelque chose en retour à la communauté et aider les jeunes. Je ferai aussi ce pour quoi j'ai fait des études.
Pour quoi te trouves-tu doué en dehors de l'athlé ? Je pense être doué pour les études et je m'entends facilement avec les gens.
Quels sont tes hobbies et autres centres d'intérêt ? La musique, l'actualité financière, le sport
J'aime être avec des amis
Je n'aime pas les gens qui se vantent
Qualités Les autres savent mieux que moi
Défauts Seul Dieu devrait me juger
Tu ne peux pas vivre sans dormir et/ou manger Est-ce que tu utilises Internet ? Oui
Quels sont les sites que tu regardes le plus souvent ? Le sport, IAAF, l'actualité de mon pays, et des sites liés à mon domaine universitaire.

DISCUSSION
I- Tes débuts
Quand as-tu commencé l'athlétisme et comment es-tu arrivé au 800m ? J'ai eu mon premier contact avec l'athlétisme en troisième (1992) durant un cours d'éducation physique. Nous avons participé à une course sur route à Rutana. Mon professeur a vu que je courais bien et j'ai commencé sur 400m. En 1996, j'ai couru un 800m à Bujumbura et j'ai réalisé que j'avais plus de capacités sur cette épreuve.
Quelle a été ta progression ? En 1994, nous n'avons rien préparé : il n'y a pas eu de compétition à cause de la guerre. En 1995, je me suis qualifié pour les Jeux Africains mais j'y suis arrivé trop tard. J'ai couru mon premier 800m en 1'49 puis en 1'47"68 deux semaines plus tard. J'ai pris la 4e place des championnats d'Afrique (1996). C'était ma dernière compétition en Afrique. La même année j'ai atteint les demi-finales du championnat du monde junior. J'ai eu une fracture de fatigue en 1997. En 1998 j'ai réussi 1'46"31 et en 1999 1'46"03.
Y'a-t-il d'autres membres de ta famille qui pratiquent l'athlétisme? Si oui as-tu commencé parce que quelqu'un d'autre en faisait ou l'inverse ? Non, ma famille n'est pas impliquée dans le sport mais elle me soutient. Une chose importante, ils ne voulaient pas que je néglige mon éducation. Ils sont fiers de ma réussite. Au début, ils ne voyaient pas l'ampleur que ça prenait, maintenant si.

II- Pays de naissance, pays de résidence
Dans quelles circonstances es-tu arrivé aux Etats-Unis ? J'ai été invité au centre sponsorisé par la Solidarité Olympique à La Grange (Georgie) pour préparer les championnats du monde junior de 1996. Là, j'ai passé des tests pour entrer à l'université et j'ai commencé à aller à l'école. J'ai réussi à recevoir une bourse pour courir pour l'université d'Arizona.
Qu'est-ce qui te plaît et ne te plaît pas dans ce pays ? J'aime les opportunités qu'offre ce pays et aussi la liberté. Mais parce que leur culture est différente de la mienne, j'ai eu du mal à m'adapter.
Retournes-tu souvent au Burundi ? Pas si souvent car je suis trop occupé mais je reste en contact régulier avec ma famille.
Quel est ton statut au Burundi ? Au Burundi, je suis un citoyen normal. Mon nom est populaire, c'est vrai, mais les gens ne me connaissent pas beaucoup parce que je n'y suis pas souvent.
Où vivras-tu à la fin de ta carrière ? Quelque part où je me sentirai bien, mais le Burundi sera toujours ma maison.
Est-ce que tu suis souvent l'actualité de ton pays ? Oui
Que penses-tu de l'athlétisme de ton pays ? Il n'est pas au top mais il y a de nombreux jeunes talents qui ont besoin d'être suivis. L'élite est très peu nombreuse. Nous sommes fiers de courir pour notre pays et heureux de pouvoir nous entraider et aider aussi nos jeunes frères et soeurs à atteindre le niveau que nous avons aujourd'hui. C'est une façon de dire merci et de retourner un peu quelque chose à notre pays.

III- Voyages
Un athlète est amené à beaucoup voyager. Aimes-tu cela ou cela devient-il fatigant au bout d'un moment ? J'aime ça.
As-tu parfois le temps de visiter les villes ou tu te rends pour courir? Quelquefois, mais nous ne restons pas assez longtemps pour sortir ou visiter les lieux des compétitions.
Quel est l'endroit qui t'a le plus plu ? Sydney, Monaco, Rio de Janeiro

IV- Tes sentiments sur l'athlétisme
Que penses-tu du milieu de l'athlétisme de haut niveau et de l'évolution de l'athlétisme moderne ? L'athlétisme est un des sports les plus difficiles. Les athlètes de haut-niveau tout comme les organisateurs ne reçoivent pas la reconnaissance qu'ils méritent au regard de tous leurs efforts, de tout ce qu'ils investissent dans le sport.
Qui sont tes meilleurs amis dans l'athlé ? Essentiellement les athlètes qui courent sur la même distance que moi. Nous sommes rivaux sur la piste mais amis partout ailleurs. Mes coéquipiers, mon entraîneur, car il est la personne à qui je me confie la plupart du temps.
Suis-tu régulièrement l'actualité athlétique ? Si oui, quelles sont tes sources d'information (journaux, magazines, internet) ? www.athletix.net, www.iaaf.org

V- L'argent
Avec ton niveau (10e meilleur performer de l'année 2000), est-il facile de vivre de l'athlétisme ? Non, je ne suis pas encore un athlète professionnel, je ne sais pas ce que c'est. En l'an 2000, je n'ai pas gagné de quoi vivre. C'est de plus en plus dur de faire sa vie avec l'athlétisme, il y a besoin de plus de fonds. En fait, je n'ai pas vraiment de revenus. Mon université couvre juste les dépenses de la vie quotidienne.

VI- L'entraînement
Qui ont- été tes entraîneurs ?
Fabien alias Gisahara (1992-1993), Adolphe Rukenkanya (1995-1996), Abdi Bile assisté par Kwizera Dieudonné (1997), Fred Harvey (1998-2000)
Qui est ton entraîneur actuel ? Comment as-tu été amené à travailler avec lui ? Luiz de Oliveira. Je l'ai rencontré pour la première fois en Italie en 1998, puis en 1999 à Séville aux championnats du monde. C'est là que nous avons commencé à parler de coopération.
Quelle est votre relation d'entraîneur-athlète ? Est-t-il présent lors des séances ou t'envoie-t-il les plans d'entraînement ? Il m'envoie des faxes et je l'appelle régulièrement. C'est difficile de travailler de cette manière mais nous n'avons pas le choix parce que j'étudie à l'université d'Arizona et il habite en Caroline du Sud. Cela marche parce que l'on arrive à se parler presque tous les jours: je lui donne mes impressions sur les séances et il décide si on va dans la bonne direction ou non. Plus tard, quand j'aurai terminé l'université, j'aimerais me rapprocher de lui parce qu'un entraîneur n'est pas seulement quelqu'un qui vous donne un plan d'entraînement mais aussi quelqu'un qui vous conseille dans la vie de tous les jours. Il joue un rôle dans le mental.
Décris-nous ton entraînement J'associe travail de vitesse et endurance. Au début de la saison, je fais de la musculation trois fois par semaine, puis deux et en période de compétition juste pour la forme. Je fais de longues sorties au moins trois fois dans la semaine ainsi que deux à quatre séances sur piste. Enfin, je garde un jour dans la semaine que je consacre à Dieu.
Pars-tu souvent en stage ? Où ? Non, je suis trop occupé pour partir en stage.
Concilier les études et l'entraînement: c'est un véritable défi d'être excellent dans les deux. Les deux premières années ont aussi été particulièment difficiles à cause de la barrière de la langue. Tu dois travailler dur et être discipliné. Tu dois être organisé et prêt à travailler dans des conditions difficiles, ce qui d'un côté n'est pas plus mal, car cela te prépare aux challenges de la vie. Je dois être bons dans les deux. La réussite sportive conditionnait, au début, la possibilité de poursuivre des études. Maintenant, j'ai deux cordes à mon arc, et j'ai quelque chose à quoi je peux me raccrocher quand l'un des deux ne marche pas très bien.

VII- Ta carrière
Quel est le meilleur souvenir de ta carrière ? Mon titre aux championnats universitaires américains (NCAA) en 2000.
Et le pire ? L'échec en demi-finale des Jeux.
As-tu un meeting fétiche ? Zurich, c'est le meilleur.
As-tu souvent été blessé ? Chaque année.
Que t'as apporté ton meilleur palmarès ? Honneur, satisfaction et confiance.
Quel regard tournes-tu sur ta carrière jusqu'à présent ? Es-tu satisfait ou sinon pourquoi ? Je suis assez heureux. J'estime avoir bien réussi jusqu'à présent et ce n'est que le début. Pour atteindre le top niveau je vais continuer à faire ce que j'ai fait jusqu'à présent, en investissant encore plus de temps dans le sport.
Où en es-tu dans ta carrière ? Jusqu'à quand comptes-tu courir ? Je pense arriver au tiers de ma carrière. C'est encore une période de progression, j'arriverai bientôt à maturité. J'espère que je pourrai courir longtemps et quand viendra le temps de se retirer, je serai satisfait de mes résultats.
Quels sont tes objectifs à court terme pour 2001 ? Obtenir une médaille aux championnats du monde et me classer dans le top 5 de l'année.