COMMENT AMELIORER LES RESULTATS de l’ATHLETISME de
HAUT NIVEAU dans les « High performance Training Center » ?
Exemple du
CIAD de Dakar : contribution à la réflexion
Parmi les différentes pratiques sportives (sport de masse, sport scolaire, sport de loisirs…), le sport de haut niveau présente des conditions spécifiques : environnement particulier, nature des problèmes spécifiques, conditions exceptionnelles…
En athlétisme par exemple, l’objectif premier est de faire monter les athlètes sur les podiums lors des grands évènements (Jeux Olympiques, Championnat du Monde, Championnat Arabe, Championnat d’Afrique…).
Ces objectifs sont essentiellement d’ordre qualitatifs et non quantitatifs, les références d’ordre International et non national.
Les contraintes sont multiples :
-les échéances sont en athlétisme tous les ans (championnat National), tous les deux ans (Jeux Africains, Championnat du Monde) et tous les quatre ans (Championnat d’Afrique, J.O.),
-le nombre de nations luttant pour les premières places augmente sans cesse (exemples : le champion du Monde sur 100m aux Championnats du Monde de Paris 2003 , le nombre de pays engagés aux J.O. d’Athènes , aux Championnats du Monde de Paris 2003 : ),
-la progression des performances est continue, mais surtout se densifie : les résultats aux Jeux Olympiques d’Athènes sont un exemple frappant .
En conséquence, l’improvisation ou l’à peu près n’a plus sa place dans la préparation de l’athlète de haut niveau ; pas de SECRETS et pas de MIRACLES.
Il est donc nécessaire que tous les facteurs de la réussite sportive soient pris en compte et optimisés :
Les facteurs de la réussite sportive sont au nombre de six :
-le TALENT
-le MENTAL
-le TEMPS
-l’ARGENT
-l’ENCADREMENT
-l’ORGANISATION
Prenons chacun de ces facteurs et essayons de les analyser :
1.
le TALENT
Rechercher l’équilibre entre les qualités physiques, techniques et mentales qui doivent être hors du commun.
Le niveau d’exigence International est tel que :
-détection, orientation et maturation doivent être systématisés et réalisés par un encadrement compétent et spécialisé, dans des structures performantes et spécifiques réparties sur l’ensemble des régions.
Exemples : opération 1000m de la Francophonie, Centres Régionaux Intermédiaires (projet de la CAA), opération de détection (projet CONFEJES)… sont autant d’initiatives et de stratégies actuelles à analyser, concrétiser et suivre sur le court et long terme.
2.
le MENTAL
Ce facteur peut se subdiviser en deux points :
-la motivation
-la capacité de réalisation de son potentiel physique et mental le jour J à l’heure H
La motivation :
C’est elle qui fait qu’un talent devient champion ; à force :
.de volonté
.d’opiniâtreté,
.de ténacité,
.de remise en question de soi-même,
.d’honnêteté envers soi-même et les autres (entraîneur…).
Cette motivation peut provenir d’un ou plusieurs facteurs :
.d’un défi lancé à soi-même : être le 1ermondial
.la fierté de faire monter son drapeau,
.l’intérêt financier attaché à la performance,
.de pouvoir sortir de son pays,
.de l’acquisition d’une plus grande notoriété,
.de l’élévation du niveau social et/ou socio-professionnel
Si une carrière sportive de haut niveau entraîne une perte financière et morale par le non accomplissement de la carrière socio-professionnelle , il est bien évident qu’il est illusoire de demander à l’athlète une motivation exceptionnelle
Exemple : c’est le problème au CIAD de Dakar de pouvoir lier la carrière sportive et la formation socio professionnelle de l’athlète par manque de moyens
La
capacité de réaliser son potentiel au jour J
Entre des athlètes de même talent et de même motivation la différence se fait sur la capacité à mieux résister et à vaincre le STRESS, la « PRESSION »…
Entre des athlètes de talents inégaux, la différence se fait souvent par une meilleure motivation et une meilleure capacité de résistance au stress…
Exemple : quelques athlètes du CIAD au potentiel exceptionnel, ayant réalisé des performances de niveau mondial au cours de la saison ne sont pas présents le jour J. !!!
3.
le TEMPS
L’aménagement du temps est indispensable. Temps pour :
.l’entraînement,
.la compétition,
.les études ou la formation,
.la vie socio-professionnelle…
Exemple : La recherche de solutions adéquates, adaptées à chacun n'est pas toujours évidente.
4.
l’ARGENT
Les financements des actions de :
.détection /sélection/orientation/suivi,
.l’encadrement à tous les niveaux,
.les entraînements et compétitions,
.l’aménagement du temps,
.le suivi médical,
.la recherche,
.les équipements et matériels…
sont naturellement indispensables et nécessitent un certain seuil en dessous duquel on ne peut atteindre de véritable efficacité.
Exemple : Encore faut-il que ces financements soient employés le plus judicieusement possible et que soit évitée la dispersion dans des actions trop disparates…
Des priorités doivent être établies et tenues pour éviter le saupoudrage.
5.
l’ENCADREMENT
Il doit être formé, recruté et utilisé pour que soient accomplies les différentes missions relatives au haut niveau :
-détection/ orientation/ maturation des talents potentiels,
-planification des carrières des talents potentiels et confirmés,
-recherche dans tous les domaines relatifs au haut niveau, en collaboration avec les structures scientifiques concernées,
Exemple : réflexion sur sa propre expérience pour une transmission de celle-ci dans le cadre de la formation initiale et continue des cadres futurs et actuels du haut niveau . Echanges au sein du CIAD de l’expérience de chacun avec confrontation des points de vue … Communication, tolérance, acceptation de la contradiction sont autant d’éléments indispensables pour un échange positif
6.
l’ORGANISATION
Tous les points précédents laissent apparaître qu’en ce qui concerne le haut niveau, des actions horizontales, dépassant très largement le cadre d’une fédération (nationale ou Internationale), doivent impérativement être menées pour répondre aux exigences et aux contraintes de la concurrence internationale en croissance constante.
Un bureau supra fédéral peut et doit :
-fixer les ambitions, les objectifs et les priorités,
-proposer les projets de textes législatifs et réglementaires facilitant la pratique dans les Centres de haut niveau (HPTC ou Intermédiaires),
-inciter le système éducatif et les entreprises à aménager le temps pour les sportifs de haut niveau (cas des dates des examens de certains athlète participants aux J.O.) ,
-proposer une politique coordonnée d’équipements sportifs nécessaires au sport de haut niveau (projets de la CAA et CONFEJES),
-inciter et aider les dirigeants à briguer les postes de responsabilités dans les instances internationales,
-rassembler et répartir les financements nécessaires,
-organiser la formation initiale et permanente ainsi que le recrutement de l’encadrement de haut niveau,
-répertorier les points forts et faibles…afin d’améliorer le fonctionnement (analyse sans complaisance...
COMMENT AMELIORER LES RESULTATS ?
En poursuivant les actions entreprises, certaines depuis une dizaine d’années (création du CIAD), d’autres plus récemment (circuit des meetings de l’Afrique), d’autres encore venant de voir le jour. (Centres Régionaux Intermédiaires)
En entreprenant des actions nouvelles pour faire en sorte que la chaîne ne comporte pas de maillon faible, en particulier des actions horizontales …
Pour le facteur talent :
-détection, orientation et maturation des talents potentiels systématisés dans des structures performantes et spécifiques réparties sur les régions,
-recherche de l’amélioration des systèmes d’évaluation / détection / orientation des talents potentiels (tests de la CONFEJES …tests spécifiques, actions ponctuelles),
Pour le facteur temps (et mental) :
-conditions de réussite conjointe de la carrière sportive de haut niveau et de la carrière socio – professionnelle,
-adaptation des structures aux athlètes et non l’inverse par la recherche de nouvelles formes d’aides à la formation scolaire, universitaire et professionnelle prenant en compte les temps faibles de l’activité sportive de haut niveau sans tenir compte des périodes d’enseignement traditionnelles (périodes bloquées de formation adaptées au calendrier sportif avec « enseignants –répétiteurs »).
Pour le facteur argent :
-cohérence et coordination des bailleurs de fond (IAAF, SO, MAE , CAA, CONFEJES et autres),
-rigueur et équité dans la composition des listes d’athlètes de haut niveau (Comité de sélection),
-recherche d’incitations pour de nouvelles ressources financières « privées » (UNESCO, CEE,)
-recherche d’une meilleure efficacité et rentabilité des investissements :
.en évitant le saupoudrage des aides à de trop nombreux athlètes en reconsidérant les critères d’accession à la liste des athlètes de haut niveau (ce qui a été réalisé au cours du dernier Comité de sélection à Dakar le 09 septembre 2004),
.en développant les actions « horizontales » pouvant concerner plusieurs Centres dans des domaines tels que les transports, les équipements, le matériel, la micro informatique de terrain, la recherche scientifique appliquée dans les domaines liés à l’amélioration des conditions d’entraînement et de performances en compétition, en faisant appel aux structures scientifiques et aux organismes compétents ( exemples : sur les prises de lactates à l’entraînement…)
Pour le facteur mental :
Motivation :
-recherche des différentes formes d’intéressement financier lié directement (primes au résultat) ou indirectement (contrat publicitaires ou autres) à la performance,
-recherche de l’aide des médias et des parrains publicitaires pour l’acquisition d’une notoriété plus grande des athlètes performants,
-recherche de l’aide des entreprises pour la mise en valeur des athlètes de haut niveau …
réaliser son potentiel le
jour J à l’heure H :
-analyse et synthèse des différentes méthodes de préparation et des programmes d’entraînement (physique, diététique, récupération, etc…),
-analyse et synthèse des différents moyens de préparation pour résister au « stress » de la compétition,
Pour le facteur encadrement :
-formation initiale et complémentaire des cadres du haut niveau conjointement par l’IAAF et la France,
-réflexion sur la comparaison entre notre niveau international actuel et la densité de l’encadrement technique aux différents niveaux de compétences territoriales :
-mise au point et dotation d’outils scientifiques et informatiques performants et de terrain,
-création
d’une banque d’informations, répertoriant les différentes expériences positives
et négatives des Centres dans tous les domaines de l’amélioration de la
performance…(sites web existants : www.africathle.com, www.aeaa_aaca.org, www.webcaa.org, http://smail.alain.free.fr/
Conclusion :
Toutes des différentes actions à entreprendre, poursuivre et améliorer doivent permettre que notre « chaîne du haut niveau » n’ait plus de maillons faibles et aboutir à ce que :
-les instances dirigeantes voient les moyens importants, tant financiers qu’humains, qu’ils mettent à la disposition du sport utilisés le plus efficacement et le plus rigoureusement possible,
-les athlètes de haut niveau acquièrent une sérénité certaine dans leur préparation en étant assurés :
.de ne pas sacrifier leur avenir socio – professionnel à leur carrière sportive en voyant pris en compte leur problème particulier,
.de bénéficier de structures sportives leur permettant de suivre les programmes de préparation et de compétitions nécessaires à l’accomplissement des meilleurs résultats,
.de bénéficier d’un encadrement technique performant, disposant des outils les plus modernes et de la formation et des informations les plus complètes,
.d’être soutenus et « supportés » par toutes les forces vives des pays,
.et donc de pouvoir confronter leur potentiel à armes égales avec les meilleurs étrangers.
La réussite sportive au plan du haut niveau est et restera avant tout la réussite de l’athlète lui-même ;
Mais il serait bon également qu’un champion africain à l’image d’un champion étranger venant de remporter sa deuxième médaille en deux Olympiades puisse dire avec émotion après son succès :
« je suis heureux pour moi-même car j’ai travaillé dur, mais je suis aussi heureux de pouvoir ainsi rendre à mon pays tout ce qu’il a fait pour moi ».
Source : article de …………………………………dans la revue de l’AEFA de 1989